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4ème semaine de carême
2ème semaine de confinement
Fête de l'Annonciation

Les paroissiens de la Vallouise, de l'Argentière et de Rame

unis dans la prière

 

« Ô Vierge ! Tu viens de l'entendre, Tu seras Mère, non par le secours d'un homme, mais par l'opération du Saint-Esprit. L'ambassadeur doit retourner vers Dieu qui l'a député, il attend Ta réponse. Nous l'attendons aussi cette réponse favorable, ô notre Souveraine ! Nous qui gémissons sous le poids de notre condamnation. Voici que le prix de notre rançon T'es offert ; si Tu consens, c'en est fait, nous sommes sauvés. Ô Vierge compatissante ! Adam, chassé du paradis terrestre avec toute sa postérité malheureuse, sollicite avec larmes cette réponse ; David et tous les patriarches tes ancêtres, qui habitent les ténébreuses régions de la mort, la demandent avec instances ; le monde entier prosterné à tes genoux l'attend avec ardeur. Ô grande Reine ! Donnes-la donc cette réponse qui tient en suspend la terre, les limbes et les cieux. Prononce une courte parole, et reçois en Toi la Parole éternelle, le Verbe divin. Amen. »

Saint Bernard de Clairvaux, Prière de l'Annonciation.

Aujourd'hui nous célébrons un événement fondateur de l'histoire de l'humanité. Qu'on y pense, depuis la chute d'Adam et la promesse divine aux portes du jardin d'Éden, l'humanité tout entière progressait dans l'obscurité née du péché. Cette obscurité n'est pas celle de l'absence de lumière naturelle sur nos vies, mais plutôt celle de l'absence de Dieu au cœur de nos âmes. Lui qui est toute lumière, Lui dont la clarté rassasiait abondamment nos premiers parents s'est trouvé chassé de nos âmes par la faute originelle sans cesse renouvelée dans nos péchés.

L'homme avait fermé les volets de sa vie intérieure, mais l'insistant amour de Dieu continue de caresser nos barrières. Dieu n'a pas un instant souhaité nous retirer sa lumière, il a tout fait pour que, peu à peu, elle ronge les ténèbres dont nous nous sommes entourés. L'Ancien Testament ne nous parle que de ça ! Du désir qui conduit Dieu à faire tomber nos défiances pour le recevoir à nouveau.

Que ce serait-il passé si Marie avait dit non ! Cette possibilité ne doit pas être écartée, que l'on repense à toutes ces fois où, nous aussi, nous avons dit non, ou pire encore nous avons dit oui mais sans donner suite ! Certes, Marie avait été préparée de toute éternité à ce moment. Dès sa naissance elle fut comblée de toutes les grâces, elle ne portait pas la blessure du péché originel. Tant de chose qui la disposait à ce oui si généreux et si plein de conséquences salutaires. Mais, soyons sûr que sournoisement le péché est allé rôder près de Marie, combien de fois a-t-elle été tentée ? Il n'est pas imaginable que celui qui avait su faire tomber l'homme par ses mensonges n'ait pas tout essayé pour faire tomber Marie dont la condition devait l'intriguer autant que l'inquiéter.

 C'est là que nous découvrons que le péché n'est pas une fatalité. Marie est restée fidèle à l'amour reçu de Dieu et jamais elle n'a succombé à la tentation. Elle nous montre le chemin d'un amour sans faille. Il n'y a ni ombre ni trouble sur son visage. Elle se tient debout, maintenue dans sa dignité préservée jusqu'aux plus ténébreuses des ténèbres au pied de la Croix.

Pour avoir su préserver sans tache le don qui lui avait été fait à sa naissance, Marie a trouvé grâce aux yeux de Dieu. L'ange peut lui être envoyé, le dessein de Dieu ne sera pas retardé.

Par son oui, elle nous fait entrer dans l'histoire du salut, elle engendre la rédemption et nous fait naître à l'espoir du pardon.

Nous sommes insatisfaits aujourd'hui de notre condition, nous peinons sous le poids des contrariétés, nous craignons pour nous-même et pour nos proches. Par son oui, Marie nous invite à entrer dans l'espérance, à demeurer patient dans notre confinement, à rendre grâce pour le travail de tous ceux qui veillent sur notre sauvegarde. Du haut du ciel, la première, elle veille sur nous et nous protège. N'hésitons pas à nous confier à elle, elle peut tout entendre et nous aider à accepter et transformer nos difficultés en germes d'espérance.

Veillons et prions les uns pour les autres. Soyons vigilants aux consignes sanitaires qui nous sont données, il n'y a pas de nuit sans aurore, Marie est l'étoile du matin qui déjà illumine notre obscurité. Invitons-la chez nous, elle partage déjà notre souffrance.

Abbé Edouard Le Conte


Intentions de prières pour les membres de notre paroisse :

- Lilianne, de l'Argentière, qui se trouve à l'hôpital de Briançon depuis dimanche soir.
- Baptistine GAUTHIER que la vie terrestre a quitté hier dans sa 88ème année au Villard.


Nous pouvons nous transporter en pensée devant nos oratoires
et en particulier devant celui de notre Dame de France à la Bessée
que nous avions solennellement bénie le jour de la Toussaint avec notre évêque
pour offrir ce beau poème de Paul Claudel

 

Description : Une image contenant extérieur, bâtiment, roche, église  Description générée automatiquement

Il est midi. Je vois l'église ouverte. Il faut entrer.
Mère de Jésus-Christ, je ne viens pas prier.

Je n'ai rien à offrir et rien à demander.
Je viens seulement, Mère, pour vous regarder.

Vous regarder, pleurer de bonheur, savoir cela
Que je suis votre fils et que vous êtes là.

Rien que pour un moment pendant que tout s'arrête.
Midi !
Être avec vous, Marie, en ce lieu où vous êtes.

Ne rien dire, mais seulement chanter
Parce qu'on a le cœur trop plein,
Comme le merle qui suit son idée
En ces espèces de couplets soudains.

Parce que vous êtes belle, parce que vous êtes immaculée,
La femme dans la Grâce enfin restituée,

La créature dans son honneur premier
Et dans son épanouissement final,
Telle qu'elle est sortie de Dieu au matin
De sa splendeur originale.

Intacte ineffablement parce que vous êtes
La Mère de Jésus-Christ,
Qui est la vérité entre vos bras, et la seule espérance
Et le seul fruit.

Parce que vous êtes la femme,
L'Eden de l'ancienne tendresse oubliée,
Dont le regard trouve le cœur tout à coup et fait jaillir
Les larmes accumulées,

Parce qu'il est midi,
Parce que nous sommes en ce jour d'aujourd'hui,
Parce que vous êtes là pour toujours,
Simplement parce que vous êtes Marie,
Simplement parce que vous existez,

Mère de Jésus-Christ, soyez remerciée !

 

 

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