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Semaine sainte
4ème semaine de confinement

Les paroissiens de la Vallouise, de l'Argentière et de Rame unis dans la prière

Chers amis,

Replongeons-nous deux mille ans en arrière, faisons un exercice spirituel de mémoire que nous allons adapter à notre semaine sainte qui commence.

Nous sommes à Jérusalem. il fait beau comme souvent à cette époque là-bas. Il fait chaud, plus que chez nous. Le paysage est accidenté par de belles et profondes collines, la terre et les roches nombreuses portent des nuances joyeuses et chaudes se rapprochant de l'ocre. L'herbe y est abondante et les arbres sont fleuris, nous sommes au printemps.

Devant nous se distingue une imposante cité, ceinte de hautes murailles, vestiges d'un passé tumultueux. On y aperçoit, à l'intérieur, les toits et les terrasses d'une multitude de petites maisons, toutes serrées les unes aux autres. Quelques larges rues tranchent cet univers tout en peinant à lui donner une apparence ordonnée.

À l'est de cette cité, notre regard est attiré, presque malgré lui, par un ensemble massif, impressionnant. Un cube qui se dresse vers le ciel, enfermé au milieu d'une vaste cour, elle-même close par un majestueux portique. Les murs de la ville soutiennent une partie de ce portique.

Rompant l'harmonie du lieu, une forteresse aux tours menaçantes, prend appui sur le contour de cet édifice.

Nous sommes à Jérusalem ! portons-nous devant une de ses portes. Celle qui se trouve dans le prolongement de l'angle Nord-Est de ce que vous avez reconnu être le Temple. C'est la porte des Lions. C'est ainsi qu'on l'appelle désormais à cause des deux félins sculptés en bas-relief de chaque côté de l'ouverture.

De cette porte une route quitte la ville, passant par Bethphagé et Béthanie, où Lazare fut ressuscité, elle poursuit son chemin vers le Jourdain et Jéricho.

Il y a du monde sur cette route, ce n'est pas nouveau, elle est très empruntée. C'est par cette route que l'on descendait au Jourdain pour y entendre Jean-Baptiste et recevoir le baptême de pénitence et de conversion. C'est aussi par cette route que remontait à Jérusalem l'annonce d'un salut prochain offert à tous les hommes. Elle fut aussi utilisée plus récemment pour se recueillir auprès du corps de Lazare et réconforter sa famille. Elle a entendu la rumeur, remontant à Jérusalem, de la résurrection de celui qu'on croyait mort.

Jérusalem

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Il y a du monde sur cette route, ce n'est pas nouveau, elle est très empruntée. C'est par cette route que l'on descendait au Jourdain pour y entendre Jean-Baptiste et recevoir le baptême de pénitence et de conversion. C'est aussi par cette route que remontait à Jérusalem l'annonce d'un salut prochain offert à tous les hommes. Elle fut aussi utilisée plus récemment pour se recueillir auprès du corps de Lazare et réconforter sa famille. Elle a entendu la rumeur, remontant à Jérusalem, de la résurrection de celui qu'on croyait mort.

Les gens qui l'empruntent y ont imprimé de leurs pas leurs espoirs et leurs découragements, leurs peines et leurs joies. Il faut dire que l'époque ne se prête guère au repos du corps et de l'âme. Israël qui fut jadis le peuple chéri de Dieu est tourmenté. Ce n'est pas la première fois que l'on vit au milieu du trouble. La gloire d'Israël et de Jérusalem à peine remise du long exil babylonien se ternit de l'occupation romaine. La majesté du Temple restauré est insultée par le regard défiant des Romains du haut de la forteresse Antonia.

On ne vit pas mal à cette époque, mais on ne vit pas libre. Et comme chaque fois que des temps troublés nous accompagnent, on se comporte différemment. Les uns pour garantir leur liberté intérieure approfondissent leur vie de prière et augmentent leur charité qu'ils considèrent dès lors comme un capital inestimable de la dignité qu'en tant qu'hommes ils ont reçu. D'autres s'enferment dans une médiocrité quotidienne qui loin de leur donner le sentiment d'être inefficace pour eux-mêmes ne les éloignent pas moins des grands idéaux. Les derniers n'ont d'yeux que pour eux-mêmes et profitent du chaos pour s'établir dans leur richesse et leur domination. On trouve de ces trois sortes d'hommes dans toutes les classes de la société et chacun d'entre eux entretient ses motivations tant qu'il peut.

Toutes ces personnes-là se croisent habituellement sur cette route, aussi il n'est pas rare de voir la bonté croiser l'indifférence tout en rencontrant le mépris. Une anxiété certaine travaille l'esprit de ces gens. Chacun se demande si ce qu'il accomplit est bon et correspond à ce qu'on peut attendre de lui, tous partagent ces inquiétudes mais pour des résultats bien différents. La route, elle, ne les juge pas mais elle ne peut les conduire que là où ils veulent aller.

Et pourtant, aujourd'hui une clameur fait vibrer les pavés et résonne dans la campagne. Ce chemin si ordinaire cesse d'être impassible. Une grande espérance surgit, réveillée du plus profond des cœurs sombres. L'inquiétude du temps laisse place à une joie immense. Des palmiers et des oliviers qui jalonnent cette route sont détachés les rameaux et les palmes qu'on agite. Des mains nombreuses étendent les plus beaux manteaux sur le sol poussiéreux. Du bord de la route on attend, on s'exclame, on exulte puis on rejoint le cortège qui suscite soudainement tant d'intérêt et de manifestations joyeuses.

L'ombre d'inquiétude qui avait gagné les cœurs semble s'être dissipée. Un espoir nouveau a jailli au milieu de la foule et chacun s'empresse de le découvrir et de l'accueillir. Que ressentent tous ces hommes qui avec bonheur frappent de leurs pieds le pavé ? Ont-ils trouvé le remède à leurs malheurs ? Sont-ils finis les temps du désespoir et de l'oppression ? La gloire d'antan retrouverait-elle sa clarté aujourd'hui ? La paix règnera-t-elle de nouveau sur cette terre ? Combien de temps ont-ils attendu ce jour de justice où le mal et le bien trouveront enfin une récompense adéquate ?

Mais que regarde cette foule nombreuse, qui attend-elle de suivre avec tant d'empressement ? Vous le savez, vous qui connaissez cette histoire, c'est Jésus ! D'ailleurs le voilà. Il ne vient pas à pied comme à l'accoutumée, ni sur un puissant char de guerre ou d'apparat, ni même sur le dos d'un vaillant cheval comme le font ordinairement les princes. Non, il vient, monté sur le dos d'une ânesse. Le choix de cet animal de la terre, robuste et utile à tous, a de quoi nous étonner. Il signifie bien plus que la simplicité du Christ qui ne cherche pas à nous écraser ou à nous faire sentir son pouvoir.

 

 

 

 

 

 

Cette ânesse, qui avait porté le joug de son maitre pour les travaux de la ferme, représente la Synagogue, nous dit saint Jérôme, qui a porté le joug de la Loi et en témoignait devant les nations. L'ânon qui vagabonde autour de sa mère représente les peuples des nations fécondées par la Loi divine et que le Christ adopte et conduit sur son chemin.

Peut-être qu'aujourd'hui nous trouverions brutal ou déplacé d'aliéner un pauvre animal pour porter un homme, fut-il notre Sauveur. Mais telle était la volonté de notre Maitre d'agir de la sorte et on ne peut pas le soupçonner d'avoir voulu torturer de son poids le dos de cette brave bête. Il lui sera d'ailleurs très reconnaissant de ce service, ne dit-on pas que depuis ce jour cette ânesse et toute sa race portent sur leurs épaules le signe de notre salut ? Vous savez, cette croix brune que l'on peut encore voir de nos jours qui marque le dos de tous les ânes. La prochaine fois que vous en voyez un, allez le constater par vous-même et profitez-en pour le remercier de porter encore sur son dos le signe de l'amour infini de Dieu pour chacun de nous.

Notre esprit, comme l'ânon, vagabonde un peu autour du sujet. Revenons à Jésus qui humblement traverse cette foule. Quelle est l'expression de son visage ? comment est-il vêtu ? Avec la foule, nous ne le voyons pas encore comme l'ont vu les apôtres le jour de la Transfiguration sur le mont Thabor, mais nous pouvons sûrement déceler la grande bonté qui émane de sa figure. Il y a des moments, comme ça, où nous nous laissons transporter par la bonté d'une personne. Nous avons sûrement tous déjà fait cette expérience, cette rencontre qui nous a émus d'une personne qui transpire la paix et l'amour, d'une personne que nous avons secrètement admirée pour ce qui émanait d'elle. Ce sont des rencontres souvent fugaces mais dont les signes demeurent encore présents à notre esprit.

Notre instinct, dans ce moment-là, nous a certainement soufflé qu'il serait bon de se rapprocher d'elle, de l'écouter, de l'imiter. Peut-être qu'une telle rencontre a pu opérer une transformation dans notre cœur, ou au moins, fait naitre le désir de nous corriger de nos mauvais penchants. Peut-être que nous aussi, dans nos meilleurs moments, nous avons été pour notre prochain cette personne désirable pour le bien qui émane d'elle ?

Observez bien l'attitude affable de notre Sauveur, il se tient là, sur le dos de cette ânesse, prêt à nous recevoir, à nous guérir, à nous consoler. Il n'apporte pas le remède à notre amertume, il est le remède. C'est à lui que nous devons aller pour être sauvé, c'est à nous de le recevoir pour être guéris. Il se tient là et espère nous rencontrer. Cherchons à le trouver.

Que doit-il penser de cette foule à laquelle nous nous sommes joints ? Sans prendre trop de risque, nous pouvons bien imaginer ce qu'il se dit en lui-même. « Comme je vous aime ! », « comme j'aimerai vous avoir pour toujours auprès de moi ! », « Serez-vous fidèle à mon appel ? », « êtes-vous prêts à me rejoindre ? », « prenez avec vous vos fardeaux, vos souffrances et vos péchés, je les porterai avec vous et vous en soulagerai ! », « n'ayez pas peur, je vous libérerai ! ». Et certainement bien d'autres choses encore !

Nous sommes invités à marcher avec lui, acceptons avec un cœur généreux cette aimable proposition. Joignons-nous à la foule, à sa marche victorieuse, à la bonne nouvelle qu'elle annonce. C'est une opportunité incroyable que nous recevons aujourd'hui d'être renouvelé par sa présence, par ce qu'il enseigne, par ce qu'il accomplit. Il nous faut dire oui, fermement, entièrement, sans attaches, sans détours.

Cette route chaotique que nous avions empruntée ne sachant trop où elle conduisait nous a apporté la vision de notre salut, prenons-la dans le bon sens, celui qui, nous conduisant par la Jérusalem terrestre, nous mènera à la Jérusalem céleste. Suivons la foule unifiée par le Christ, qui est devenue l'Église, sur le chemin du Royaume. C'est au bout de cette même route qu'un jour nous le verrons revenir paré de la gloire divine. Il nous y attend, ne perdons pas de temps, marchons vers lui…

Nous accompagnons de nos prières tous ceux qui ne négligent aucun effort pour nous permettre de sortir de cette crise, participons, nous aussi, à cette lutte de toutes nos forces. Prions pour ceux qui sont morts éloignés de leur famille, de leurs amis. Prions pour ceux qui combattent dans leur corps ce terrible fléau. Prions pour ceux qui trouvent le confinement difficile à supporter.

Abbé Édouard Le Conte


Nous prions particulièrement pour :

- Liliane, de l'Argentière, qui se défend contre la maladie à l'hôpital de Gap.


 

Avec ferveur, demandons à la Reine du Ciel de nous ouvrir le cœur de son Fils :

Ô Marie, tu brilles toujours sur notre chemin
comme un signe de salut et d'espoir.
Nous nous confions à toi, santé des malades,
qui auprès de la croix, a été associée à la douleur de Jésus.

En restant ferme dans la foi, toi, refuge des pécheurs,
tu sais de quoi nous avons besoin
et nous sommes sûrs que tu y pourvoiras pour que,
comme à Cana, la joie et la fête reviennent après cette épreuve.

Aide-nous, Vierge du Laus, à nous conformer à la volonté du Père
et à faire ce que nous dira Jésus,
qui a pris sur lui nos souffrances et s'est chargé de nos douleurs
pour nous conduire, à travers la croix, à la joie de la résurrection.
Amen

D'après une prière du pape François contre l'épidémie

Sous ta protection, nous trouvons refuge, Sainte Mère de Dieu.
Ne refuse pas la prière de tes enfants dans l'épreuve,
mais délivre-nous de tout danger.
Ô Vierge glorieuse et bénie.

 

 

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