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Vendredi saint - chemin de Croix
4ème semaine de confinement

Les paroissiens de la Vallouise, de l'Argentière et de Rame unis dans la prière

Chers amis,

Nous avons laissé, hier soir, Notre Seigneur conduit par les gardes vers la maison du grand prêtre. C'est Caïphe qui cette année a été désigné pour organiser et présider les grandes célébrations du peuple juif, c'est vers lui que naturellement on se tourne pour arbitrer les questions liées à la Foi. Nous pénétrons dans sa maison, faite de pierres de taille, elle en impose. Ses grandes cours se remplissent, petit à petit, de ceux que l'on est allé réveiller dans la nuit pour traiter la question du Christ. Se joigne à eux une foule de curieux qui se laissent gagner par l'effervescence qui règne parmi les grands.

Des ordres sont criés de part et d'autre, il semblerait que Caïphe souhaite organiser un procès. En pleine nuit, l'idée peut paraître étrange, mais les obligations du jour saint de la Pâques exigent que l'on soit rapide pour ne pas se laisser détourner des célébrations.

Rentrons dans la grande salle où les torches viennent d'être allumées. Le Christ s'y trouve déjà et son calme tranche avec le bourdonnement des murmures et des pas qui résonnent. Le Sanhédrin est au complet, c'est la plus haute assemblée du peuple juif, Caïphe y prend sa place, on demande le silence et le procès commence.

De notre place, nous sentons bien que la fébrilité qui fait vibrer cette assemblée de hauts dignitaires les conduira à la fin qu'ils désirent : la condamnation du Christ. Pourtant, les premiers témoins ne paraissent pas bien sérieux. Leurs témoignages se contredisent, personne n'est d'accord, sur le contenu, les lieux et les dates du ministère du Christ. La tension monte d'un cran, on ne parvient pas à se mettre d'accord. L'issue désirée s'échappe, on ne tient rien. Le Christ, lui, reste silencieux, il écoute impassiblement le flot des accusations abusives qui lui sont jetées au visage. Que se passe-t-il dans son esprit ? Est-il révolté de ce simulacre de procès, des pièges grossiers qui lui sont tendus par l'accusation ? C'est certainement avec amour qu'il reçoit ces torrents d'insultes, comme il souhaiterait que nous changions, que nous acceptions de le reconnaître, déjà il veut nous pardonner. Ô mon peuple que t'ai-je fait ? Pourquoi es-tu si loin de moi, de mon amour pour toi ?

Caïphe ne tient plus, il lui faut marquer un grand coup, faute de quoi il faudra renvoyer Jésus. Tout se joue avec cette question que nous lui entendons poser : « Es-tu le Christ, le Fils du dieu Béni ? ». En Jésus il n'y pas de mensonge, il ne peut y avoir ni trahison, ni faute, il ne peut dire que la vérité, oui, il porte bien les titres qui lui sont opposés. Et tout au long de son ministère public, il a agi en témoignage de cette gloire qu'il recevait de son Père. Tous ont pu assister à ses enseignements, tous ont pu constater à travers les signes qu'il accomplissait la justesse de ce qu'il est. Mais pour Caïphe, rien de ce qu'avait pu accomplir le Christ ne peut compter. Usurper le titre de Messie, de Fils de Dieu, est le péché le plus grave qui puisse être reproché à un fils d'Israël. Cruelle ironie de l'histoire qui vit un jour Adam rompre la bienveillante harmonie voulue par Dieu pour se faire son égal. Cruelle ironie puisque Caïphe renouvelle cette faute en se faisant le juge de Dieu.

Il mérite la mort, c'est la sentence habituelle de ce crime de lèse-majesté. Et tous dans la salle s'en convainquent. C'est la suite des outrages commencés au seuil de la nuit. Le Christ est désormais frappé, on lui crache au visage, il mérite la haine du peuple. Autour de nous, nous voyons l'excitation gagner les esprits, les visages se déformer par cette subite haine impulsée par les grands prêtres.

Dehors, autour des feux ranimés en hâte à l'arrivée du cortège, nous retrouvons Pierre, inquiet de ce qui peut arriver à son Seigneur, il se tient là, profitant d'une chaleur qui peine à le réchauffer tant il angoisse pour son maître. Il est bien conscient que le disciple n'étant pas au-dessus du maître, il risque lui aussi de subir le sort qui se prépare pour le Christ, alors il se fait discret. Pas suffisamment puisque par trois fois, le personnel du grand prêtre s'interrogera sur sa présence, n'est-il pas lui aussi coupable d'avoir suivi Jésus ? Accepter le martyr quand il se présente n'est pas la même chose que de le rechercher. Saint Pierre a raison d'être prudent, néanmoins, il aura tort de renier le Christ. Dans la bouche du chrétien, il ne peut y avoir de mensonge, même pour sauver sa propre vie. Qui veut sauver sa vie la perdra, nous avait enseigné le Christ. Combien le Christ a dû rougir de cette trahison, parce que Pierre rougissait de crainte d'être découvert ami de jésus. Ne rougissez pas de l'évangile de crainte que le Seigneur ne rougisse de vous, cela aussi nous l'avions entendu du Christ. Si Pierre s'était rappelé de ces paroles, peut-être aurait-il su se prémunir du mensonge, maintenant le coq chante et son chant résonne, strident, dans les oreilles de l'apôtre qui maintenant se souvient.

Ce sont les larmes que nous voyons couler de ses yeux qui nous font comprendre qu'à ce moment Pierre regrette amèrement ses mensonges. Elles sont le signe d'une contrition parfaite, celle-là-même que nous devons rechercher aujourd'hui alors que nous n'avons pas pu confesser nos fautes et recevoir de Dieu son pardon. Dans le mouvement qui de la grande salle conduit Notre Seigneur vers le Prétoire de Pilate, se croisent les regards du Christ et de son apôtre. Sans paroles, sans gestes, de l'intensité seule du regard du Christ, Pierre comprend à travers ses larmes qu'il est pardonné. Il doit son pardon à la force sincère de son regret et à la volonté amoureuse du Christ qu'aucun des siens ne se perdent. Ne l'oublions pas ce regard, il nous touche aussi en ce jour, pleurons nos fautes et demandons pardon.

Le Christ mérite la mort, affirme le Sanhédrin et avec lui tout Jérusalem. Mais l'occupant romain ne concède pas à cette Haute Autorité le pouvoir de condamner à mort. Il faudra au grand prêtre convaincre Pilate. C'est pourquoi nous entrons derrière le Christ ligoté dans la cour du prétoire pour être présenté à l'autorité romaine.

Pilate, à peine réveillé d'une nuit tourmentée par l'inhabituelle rumeur qui agitait Jérusalem, sort de ses appartements, il n'est pas de bonne humeur, il craint que cette foule n'augure une journée difficile. Le peuple hébreu est connu pour ses révoltes et ses troubles à l'ordre public au point que la Palestine n'est pas une récompense pour un gouverneur romain. D'ailleurs n'a t-il pas fait enfermer un certain Barabbas pour ces raisons ? On craint d'y être nommé et de devoir rendre des comptes chaotiques à l'Empereur. Que veut encore ce peuple indomptable ?

Les grands prêtres ordonnent au peuple le silence, celui-ci se tait de bonne grâce. Tout est bon pour désigner à l'occupant romain qui gouverne vraiment Israël. Et le grand réquisitoire commence : celui-ci ne paye pas l'impôt à César, il pousse le peuple à la révolte, il s'établit comme l'unique roi. Les accusations fusent et Ponce Pilate ne peut se soustraire. Il interroge lui aussi Jésus. Le Seigneur ne peut mentir, il confirme qu'il est bien roi, d'un royaume qui n'est pas de ce monde, d'un royaume spirituel, mais qui peut dans ces conditions le comprendre ?

Pilate a bien saisi que les intentions du Sanhédrin ne sont pas droites, mais il craint le peuple, il leur propose un marché, libérer Barrabas le coupable ou bien Jésus l'innocent. Il pense que le bon sens ne peut avoir quitté l'esprit de ceux qui lui font face, mais il se trompe, la foule excitée par les prêtres lui crie de libérer Barrabas. Et que doit-il faire de Jésus ? La foule lui ordonne de le crucifier. Aveuglement des esprits, qui préfèrent condamner l'innocent plutôt que le coupable, violence des esprits qu'aucune sagesse ne peut guérir. Ce sont les fruits du péché. Il détourne tout avec sa logique destructrice, si on n'y prend garde, il nous dénature et le bien que nous cherchons devient le mal que nous nous imposons.

Pilate est coincé, nous lisons bien sur son visage la lassitude de ce peuple, mais qu'importe. Pour lui le Christ n'est que l'insignifiante victime de l'ire du peuple et si sa mort peut ramener le calme alors qu'il en soit ainsi. L'entendez-vous, comme pour se justifier de sa médiocrité, répéter qu'il est innocent du sort de cet homme et le voyez-vous, joignant à la parole le geste, se laver les mains pour exprimer qu'il ne gardera pas trace sur lui des conséquences de cette injuste condamnation ? Il va tenter une dernière chose. Son esprit angoissé par la situation est augmenté de l'inquiétude de ce que lui a soufflé sa femme à l'oreille. Elle lui a dit qu'en songe, cette nuit, elle avait beaucoup souffert au sujet de cet homme et qu'il valait mieux n'avoir rien à faire avec lui.

Pilate ordonne que le Christ soit emmené et châtié. Et nous le voyons désormais à terre, suspendu à une colonne, recevoir les coups de fouets lacérer son Corps. Le châtiment paraît interminable et bientôt le christ n'est plus qu'une masse sanguinolente que l'on relève et coiffe d'une couronne tressée de longues épines enfoncées profondément sur son crâne.

Voici l'homme, déclare Pilate à la foule, espérant qu'à la vue du supplicié, une soudaine pitié s'emparera du peuple. Mais rien de tel ne se produit, la vue du sang n'apaise pas la foule, au contraire, qu'on aille jusqu'au bout, cet homme se prend pour l'empereur, il mérite la mort, clame t-elle avec une violence renouvelée.

C'est notre première station. Jésus est condamné à mort

V. Nous vous adorons, ô Christ, et nous vous bénissons.
R. Parce que vous avez racheté le monde par votre sainte Croix

Pilate devant cette foule furieuse cède, il prononce la sentence : la mort. Il donne ordre à ses gardes que soit préparé le supplice pour le Christ. Cette condamnation, c'est nous tous qui par nos fautes l'avons provoquée. Depuis Adam jusqu'au dernier des hommes, nous l'avons préparée. Le Christ a accepté d'être jugé, il a accepté de se soumettre à la sentence, il se tient droit, difficilement, devant nous, le corps tuméfié, sur ces épaules qui se courbent nous voyons déjà se déposer le poids de nos fautes. Il ne nous reproche rien, il nous aime. Il est prêt, il ira jusqu'au bout pour chacun de nous.

Disons les prières qui suivent:
Notre Père…
Je vous salue Marie…
Gloire au Père… 
V. Ayez pitié de nous, Seigneur.
R. Ayez pitié de nous.
V. Que, par la miséricorde de Dieu, les âmes des fidèles défunts reposent en paix.
R. Amen.
Les gardes s'avancent, ils apportent la croix, après lui avoir délié les mains, ils la pose sur les épaules du Christ.

C'est notre deuxième station : Jésus est chargé de la Croix.

V. Nous vous adorons, ô Christ, et nous vous bénissons.
R. Parce que vous avez racheté le monde par votre sainte Croix

Comme elle paraît lourde cette croix sur les épaules du Christ, comme il nous paraît fragile devant nous, lui, le verbe créateur. C'est le poids de nos péchés, qu'aucune parole ne peut exprimer et mesurer. Le Christ s'en charge avec ce qui lui est possible de force. Comment rendre cette croix plus légère ? Par nos efforts, par nos sacrifices, en pensant moins à nous, en servant Dieu et notre prochain, oui nous pouvons l'alléger cette croix, oui nous devons le faire.

Disons les prières qui suivent:
Notre Père…
Je vous salue Marie…
Gloire au Père… 
V. Ayez pitié de nous, Seigneur.
R. Ayez pitié de nous.
V. Que, par la miséricorde de Dieu, les âmes des fidèles défunts reposent en paix.
R. Amen.

Nous sortons du Prétoire avec le Christ, nous progressons dans ces rues étroites de Jérusalem, avec la foule, elle reste nombreuse à l'insulter, à le bousculer malgré la garde. Rien ne lui est épargné et il faut avancer. Un faux pas, la conséquence d'une bousculade, l'accablement des insultes, le Christ tombe.

C'est notre troisième station : Jésus tombe sous le poids de sa Croix

V. Nous vous adorons, ô Christ, et nous vous bénissons.
R. Parce que vous avez racheté le monde par votre sainte Croix

C'est un arrachement de notre cœur, le Christ dans sa chute reçoit sur son corps, déjà abimé, tout le poids de sa croix. Nous souffrons avec lui de cette douleur incommensurable. Nous aussi nous tombons sous le poids de nos fautes. Mais le Christ se relève, il ne désespère pas, il ne se décourage pas. Avec lui, relevons-nous de nos chutes. Continuons à progresser avec lui sur le chemin de la sainteté.

Disons les prières qui suivent:
Notre Père…
Je vous salue Marie…
Gloire au Père… 
V. Ayez pitié de nous, Seigneur.
R. Ayez pitié de nous.
V. Que, par la miséricorde de Dieu, les âmes des fidèles défunts reposent en paix.
R. Amen.

Déjà, Notre Seigneur repart, le salut ne vaut que dans la progression, les pas succèdent aux pas. Dans la foule, une femme se tient muette, des larmes abreuvent ses joues, le glaive de douleur qui doit lui transpercer le cœur est là contre sa chair.

C'est notre quatrième station : Jésus rencontre sa très Sainte Mère.

V. Nous vous adorons, ô Christ, et nous vous bénissons.
R. Parce que vous avez racheté le monde par votre sainte Croix

Quelle souffrance atroce pour ces deux cœurs douloureux qui se rencontrent. À cet instant, ils s'unissent en offrande totale pour le salut du monde. Ils acceptent de donner leur vie par amour pour nous. Comme il est grand cet amour de la mère pour son fils et du fils pour sa mère. Il nous est donné en exemple, nous aussi faisons grandir cet amour pour Jésus dans notre cœur, si nous souffrons, maintenant, avec Marie, alors oui, c'est que nous l'aimons vraiment.

Disons les prières qui suivent:
Notre Père…
Je vous salue Marie…
Gloire au Père… 
V. Ayez pitié de nous, Seigneur.
R. Ayez pitié de nous.
V. Que, par la miséricorde de Dieu, les âmes des fidèles défunts reposent en paix.
R. Amen.

Le regard plein d'amour de Marie pour son fils le réconforte, le salut ne sera pas vainc, l'amour triomphera de tout mal. Il faut avancer, continuer de progresser vers le dénouement. Mais la croix est bien lourde et le rythme n'est pas aussi rapide que le souhaiteraient les Romains. Ils cherchent dans la foule qui ils vont prendre pour aider le Christ, mais la foule se dérobe, personne ne veut être humilié. Alors ils saisissent le premier venu, un passant que rien ne diffère des autres.

C'est notre cinquième station : Simon le Cyrénéen aide Jésus à porter sa croix.

V. Nous vous adorons, ô Christ, et nous vous bénissons.
R. Parce que vous avez racheté le monde par votre sainte Croix

Simon de Cyrène n'avait pas participé au tumulte, il revenait des champs. Il n'a pas saisi tout de suite les grands enjeux de la situation mais ce qu'il a perçu, c'est la détresse de cet homme sous la croix. Il l'aide malgré tout, il ne se rebiffe pas. Quel geste généreux ! Nous ne pouvons rester insensibles à ce soutien inattendu. Nous aussi prenons notre part de la croix, par nos sacrifices, par nos efforts offerts pour nos péchés, nous pouvons alléger le sort du Christ et par amour nous le faisons.

Disons les prières qui suivent:
Notre Père…
Je vous salue Marie…
Gloire au Père… 
V. Ayez pitié de nous, Seigneur.
R. Ayez pitié de nous.
V. Que, par la miséricorde de Dieu, les âmes des fidèles défunts reposent en paix.
R. Amen.

Le cortège reprend sa route, mais pour quelques pas seulement, de la foule surgit une femme. On lit bien sur son visage la détermination et la souffrance. Elle arrache son voile.

C'est notre sixième station : Véronique essuie la Sainte Face de Jésus

V. Nous vous adorons, ô Christ, et nous vous bénissons.
R. Parce que vous avez racheté le monde par votre sainte Croix

Doucement, avec précaution, Véronique applique son voile sur le visage du Christ. Comme il est doux ce visage qui réapparaît derrière le sang essuyé. Il regarde Véronique avec compassion, lui qui souffre dans son âme et dans son corps, il reçoit la peine de Véronique et la console sans un mot. En témoignage de cet acte de foi, il laisse son visage sanglant s'imprimer sur le voile, cadeau ineffable de celui qui se donne. Pour nous aussi il imprime son visage, qu'il resplendisse désormais de nos âmes et soit le témoignage de son amour pour nous.
Disons les prières qui suivent:
Notre Père…
Je vous salue Marie…
Gloire au Père… 
V. Ayez pitié de nous, Seigneur.
R. Ayez pitié de nous.
V. Que, par la miséricorde de Dieu, les âmes des fidèles défunts reposent en paix.
R. Amen.

Cette croix est trop lourde, chaque force humaine du Christ est sollicitée pour en venir à bout. Mais chaque pas le déséquilibre et voici qu'il tombe à nouveau.

C'est notre septième station : Jésus tombe une seconde fois

V. Nous vous adorons, ô Christ, et nous vous bénissons.
R. Parce que vous avez racheté le monde par votre sainte Croix

Le Seigneur est à nouveau écrasé par le poids de nos fautes, oui maintenant nous comprenons le mal qu'ont produits nos offenses, ces blessures que nous infligeons à Dieu, à notre prochain et à nous même. Puissions-nous formuler de vraies résolutions, obtenir de nous une vraie conversion. Aujourd'hui le Christ souffre pour nous, si nous ne souffrons pas pour lui, alors nous en souffrirons pour toujours.
Disons les prières qui suivent:
Notre Père…
Je vous salue Marie…
Gloire au Père… 
V. Ayez pitié de nous, Seigneur.
R. Ayez pitié de nous.
V. Que, par la miséricorde de Dieu, les âmes des fidèles défunts reposent en paix.
R. Amen.

Après s'être relevé le Christ reprend sa douloureuse marche vers notre salut, ayant passé une rue, il croise un groupe de femmes qui s'étaient rassemblées pour l'attendre.

C'est notre huitième station : Jésus console les filles de Jérusalem

V. Nous vous adorons, ô Christ, et nous vous bénissons.
R. Parce que vous avez racheté le monde par votre sainte Croix

Ces femmes ne sont pas là par hasard, elles se sont réunies pour observer une coutume. Pour chaque condamné, pour chaque mourant, elles s'assemblaient pour accompagner le cortège de leurs pleurs bruyants. Sans aucun doute, elles sont sincères dans leurs tristesses, mais elles jouent aussi leurs rôles. C'est pourquoi le Christ tout en les consolant dans un geste de bonté, leur ordonne de ne pas pleurer sur lui mais sur elles-mêmes et leurs enfants. Lui accomplit le sacrifice de l'amour pour elles, mais elles doivent pleurer sur les conséquences personnelles des fautes commises. Le Christ les sauvera, mais sauront-elles reconnaître qu'elles ont besoin d'être sauvées ?
Disons les prières qui suivent:
Notre Père…
Je vous salue Marie…
Gloire au Père… 
V. Ayez pitié de nous, Seigneur.
R. Ayez pitié de nous.
V. Que, par la miséricorde de Dieu, les âmes des fidèles défunts reposent en paix.
R. Amen.

Le groupe des pleureuses est désormais loin derrière, le lieu du sacrifice est proche, chaque pas rend plus présente l'urgence qu'il y a de l'accomplir. Mais le Christ peine davantage.

C'est notre neuvième station : Jésus tombe pour la troisième fois.

V. Nous vous adorons, ô Christ, et nous vous bénissons.
R. Parce que vous avez racheté le monde par votre sainte Croix

L'aide de Simon vient difficilement combler la difficulté du chemin. Nous aussi, nous le savons, nous ne pouvons pas apporter l'aide suffisante pour décharger le Christ du poids de la croix, mais ce que nous pouvons faire, faisons-le, si cela ne déchargera pas le Christ, cela allégera au moins ses souffrances. À terre, sous la lourde croix, le Christ nous le propose. Aide-moi, nous dit-il.

Disons les prières qui suivent:
Notre Père…
Je vous salue Marie…
Gloire au Père… 
V. Ayez pitié de nous, Seigneur.
R. Ayez pitié de nous.
V. Que, par la miséricorde de Dieu, les âmes des fidèles défunts reposent en paix.
R. Amen.
Nous y sommes parvenus, le Christ est monté sur le calvaire, on appelle ce lieu Golgotha, lieu du crâne, parce qu'on dit qu'Adam y repose. Quel signe ! Les restes du vieil Adam seront bientôt purifiés du sang et de l'eau qui jaillira du cœur du Christ.

C'est notre dixième station : Jésus est dépouillé de ses vêtements

V. Nous vous adorons, ô Christ, et nous vous bénissons.
R. Parce que vous avez racheté le monde par votre sainte Croix

Encore une humiliation pour le Seigneur, le voici nu, devant les gardes et la foule. Pendant ce temps la croix est disposée à terre, pendant ce temps, les gardes jouent aux dés ses vêtements. Dépouillé de ses vêtements, nous demandons pardon à Jésus pour l'impureté qui habite nos cœurs, pour les offenses contre la pudeur. Devant ce corps maculé de sang, nous sommes renvoyés à la dignité de tous les êtres humains, aide-nous Seigneur à grandir dans l'amour authentique du prochain.
Disons les prières qui suivent:
Notre Père…
Je vous salue Marie…
Gloire au Père… 
V. Ayez pitié de nous, Seigneur.
R. Ayez pitié de nous.
V. Que, par la miséricorde de Dieu, les âmes des fidèles défunts reposent en paix.
R. Amen.

Des gardes se saisissent du Christ et l'allongent sur la croix, les marteaux et les clous s'approchent, les mains de Notre Sauveur sont étendues.

C'est notre onzième station : Jésus est cloué sur la Croix

V. Nous vous adorons, ô Christ, et nous vous bénissons.
R. Parce que vous avez racheté le monde par votre sainte Croix

Chaque coup résonne durement dans le corps du Christ, n'avait-il pas suffisamment souffert pour que lui soit infligé ce nouveau supplice ? Tout autour la foule se gausse et l'insulte, tous, ils sont venus assister à ce moment. La croix est dressée, le Christ y est suspendu. D'en haut il s'adresse à son père, il demande le pardon pour chacun de nous. Baissant les yeux, il nous confie sa mère tout en l'élevant au rang de mère de tous les hommes. Dans la foule, on l'interpelle, ne peut-il pas se sauver lui-même ? En réalité, ils le craignent un peu… imaginez le fiasco si le Christ descendait de la Croix… Mais ce n'est pas le projet du Christ, il n'abandonne pas, il espère notre salut et l'inaugure avec le bon larron.

Disons les prières qui suivent:
Notre Père…
Je vous salue Marie…
Gloire au Père… 
V. Ayez pitié de nous, Seigneur.
R. Ayez pitié de nous.
V. Que, par la miséricorde de Dieu, les âmes des fidèles défunts reposent en paix.
R. Amen.
Les ténèbres assombrissent le ciel et la terre se met à trembler, le rideau signe de la présence de Dieu dans le temple se déchire pour toujours. Dans un dernier cri adressé au Père, Le Christ s'éteint.

C'est notre douzième station : Jésus meurt sur la Croix

V. Nous vous adorons, ô Christ, et nous vous bénissons.
R. Parce que vous avez racheté le monde par votre sainte Croix

Accomplissant jusqu'au bout la Volonté du Père, le Seigneur s'est consumé jusqu'au bout dans le sacrifice. Recueillons-nous un instant sur le sens de cette vie toute donnée. Puissions-nous, nous aussi, à la fin d'une vie offerte par amour contempler le visage de Dieu pour l'éternité.
Disons les prières qui suivent:
Notre Père…
Je vous salue Marie…
Gloire au Père… 
V. Ayez pitié de nous, Seigneur.
R. Ayez pitié de nous.
V. Que, par la miséricorde de Dieu, les âmes des fidèles défunts reposent en paix.
R. Amen.

Après s'être assuré de la mort de Jésus, Pilate concède à Joseph d'Arimathie le droit d'emmener son corps pour l'inhumer.

C'est notre treizième station : Jésus est remis à sa Mère

V. Nous vous adorons, ô Christ, et nous vous bénissons.
R. Parce que vous avez racheté le monde par votre sainte Croix

Approchons-nous de Notre Dame, disons-lui combien nous regrettons que nos fautes soient l'origine d'une telle souffrance. Soyons certains que dans le cœur de Marie, il n'y a ni haine, ni ressentiment, seulement l'infinie douleur d'une mère pour son fils et la soumission à la volonté du Père. Laissons-nous consoler et aimer par Marie.
Disons les prières qui suivent:
Notre Père…
Je vous salue Marie…
Gloire au Père… 
V. Ayez pitié de nous, Seigneur.
R. Ayez pitié de nous.
V. Que, par la miséricorde de Dieu, les âmes des fidèles défunts reposent en paix.
R. Amen.
A bout de bras, le corps de notre Sauveur est porté jusqu'au tombeau, au pied même du Golgotha.

C'est notre quatorzième station : Jésus est mis au tombeau

V. Nous vous adorons, ô Christ, et nous vous bénissons.
R. Parce que vous avez racheté le monde par votre sainte Croix

Tout s'arrête, la vie n'a plus de saveur, la mémoire est encore douloureuse, tout semble perdu. Qu'allons-nous faire désormais, qu'allons-nous devenir ? Nous demandons pardon pour nos manques de confiance en la Parole de Dieu, pour notre manque d'espérance. Le Tombeau se ferme et commence la grande attente. Ne le décevons pas.
Disons les prières qui suivent:
Notre Père…
Je vous salue Marie…
Gloire au Père… 
V. Ayez pitié de nous, Seigneur.
R. Ayez pitié de nous.
V. Que, par la miséricorde de Dieu, les âmes des fidèles défunts reposent en paix.
R. Amen.

C'est à l'arrivée des gardes envoyés pour surveiller le tombeau que nous rentrons chez nous. Le Sanhédrin, dans une dernière vexation, nous éloigne du lieu du repos. Qu'aucun homme ne saisisse de ce corps meurtri, qu'aucune supercherie ne soit trouvée pour troubler davantage un peuple à qui il faudra réapprendre le respect de l'Ancienne Loi et des avantages que les grands en retirent. C'est la fin du trouble, le retour de l'ordre imposé.

Nous accompagnons de nos prières tous ceux qui ne négligent aucun effort pour nous permettre de sortir de cette crise, participons, nous aussi, à cette lutte de toutes nos forces. Prions pour ceux qui sont morts éloignés de leur famille, de leurs amis. Prions pour ceux qui combattent dans leur corps ce terrible fléau. Prions pour ceux qui trouvent le confinement difficile à supporter.

Abbé Edouard Le Conte

 

 

Nous prions particulièrement pour Liliane, de l'Argentière, qui se défend contre la maladie à l'hôpital de Gap.

 

 

Debout, la Mère douloureuse près de la croix était en larmes devant son Fils suspendu.
Dans son âme qui gémissait, toute brisée, endolorie, le glaive était enfoncé.
Qu'elle était triste et affligée, la Mère entre toutes bénie, la Mère du Fils unique !
Qu'elle avait mal, qu'elle souffrait, la tendre Mère, en contemplant son divin Fils tourmenté !
Quel est celui qui sans pleurer pourrait voir la Mère du Christ dans un supplice pareil ?
Qui pourrait sans souffrir comme elle contempler la Mère du Christ douloureuse avec son Fils ?
Pour les péchés de tout son peuple elle le vit dans ses tourments, subissant les coups de fouet.
Elle vit son enfant très cher mourir dans la désolation alors qu'il rendait l'esprit.
Daigne, ô Mère, source d'amour, me faire éprouver tes souffrances pour que je pleure avec toi.
Fais qu'en mon cœur brûle un grand feu pour mieux aimer le Christ mon Dieu et que je puisse lui plaire.

Ô sainte Mère, daigne donc graver les plaies du Crucifié profondément dans mon cœur.
Ton enfant n'était que blessures, lui qui daigna souffrir pour moi; donne-moi part à ses peines.
Qu'en bon fils je pleure avec toi, qu'avec le Christ en croix je souffre, chacun des jours de ma vie !
Être avec toi près de la croix et ne faire qu'un avec toi, c'est le vœu de ma douleur.

Vierge bénie entre les vierges, pour moi ne sois pas trop sévère et fais que je souffre avec toi.
Que je porte la mort du Christ, qu'à sa Passion je sois uni, que je médite ses plaies !
Que de ses plaies je sois blessé, que je m'enivre de la croix et du sang de ton Enfant !
Pour ne pas brûler dans les flammes, prends ma défense, Vierge Marie, au grand jour du jugement.
Christ, quand je partirai d'ici, fais que j'obtienne par ta Mère la palme de la victoire.
Au moment où mon corps mourra, fais qu'à mon âme soit donnée la gloire du Paradis.
Amen.

Écouter le Stabat Mater de Pergolese sur youtube

 

 

Nous prions particulièrement pour Liliane, de l'Argentière, qui se défend contre la maladie à l'hôpital de Gap.

 

ND

Notre-Dame de Beassac

 

Avec ferveur, demandons à la Reine du Ciel de nous ouvrir le cœur de son Fils :

Ô Marie, tu brilles toujours sur notre chemin
comme un signe de salut et d'espoir.
Nous nous confions à toi, santé des malades,
qui auprès de la croix, a été associée à la douleur de Jésus.

En restant ferme dans la foi, toi, refuge des pécheurs,
tu sais de quoi nous avons besoin
et nous sommes sûrs que tu y pourvoiras pour que,
comme à Cana, la joie et la fête reviennent après cette épreuve.

Aide-nous, Vierge du Laus, à nous conformer à la volonté du Père
et à faire ce que nous dira Jésus,
qui a pris sur lui nos souffrances et s'est chargé de nos douleurs
pour nous conduire, à travers la croix, à la joie de la résurrection.
Amen

D'après une prière du pape François contre l'épidémie

Sous ta protection, nous trouvons refuge, Sainte Mère de Dieu.
Ne refuse pas la prière de tes enfants dans l'épreuve,
mais délivre-nous de tout danger.
Ô Vierge glorieuse et bénie.

 

 

version en pdf pour l'impression ( 13 pages)

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