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Vendredi saint - Office de la Passion
4ème semaine de confinement

Les paroissiens de la Vallouise, de l'Argentière et de Rame unis dans la prière

Adam où es-tu ? Crie à nouveau le Christ en croix. Je suis venu là à ta recherche et, pour pouvoir te trouver, j'ai tendu les mains sur la croix. Les mains tendues, je me tourne vers le Père pour rendre grâce de t'avoir trouvé, puis je les tourne aussi vers toi pour t'embrasser.

Comment résister à cet appel ? Nous sommes tous présents aujourd'hui au pied de la croix, nous la vénérons, nous saluons le bois qui a porté le salut des hommes, en cet instant. Et nous sommes confrontés à notre liberté. Le Christ sur cette croix n'étend pas les bras pour nous juger, il ne les étend pas pour nous condamner, mais pour nous rassembler. Il attend au milieu de ses souffrances que nous coupions les liens qui nous retiennent en dehors de son amour, pour nous recevoir dans ses bras. Il est le berger qui veut rassembler son troupeau et la brebis qui est offerte pour sauver le troupeau. Qu'allons-nous répondre à cet appel ? Jésus ne vient pas sauver l'humanité, non, il vient sauver chacun d'entre nous. C'est très différent, à cause de notre liberté. Jésus ne vient pas sauver ceux qui ne veulent pas être sauvés, il offre son salut à tous, certes, mais seul ceux qui le cherchent le reçoivent. Qu'allons-nous répondre à cet appel ? Seigneur ce sont mes péchés que tu assumes sur la croix ? Ou alors que m'importe cette croix et de quels péchés suis-je coupable ?

La mort du Christ sur la croix ne doit pas être vaine, l'amour ne doit pas faillir. Il nous faut répondre de tout notre cœur à cet appel, sans cesse renouvelé par la messe et les sacrements. Il faut nous jeter à cœur perdu et à corps perdu dans ce pari fou de l'amour qui ne se réalise pas sans que nous reconnaissions d'abord la faiblesse de notre jugement, toujours prompts à nous orienter vers l'amour de nous même plutôt que vers celui de Dieu et des hommes qui nous entourent. Le Christ est là qui nous tend les bras, il veut nous couvrir de ses ailes, nous plonger dans la joie de son amour et nous fortifier devant les épreuves.

À vue humaine tout semble pourtant perdu, accompli, classé. Mais nous entrons dans le temps de l'espérance, le corps inanimé qui a été descendu de la croix va s'animer de nouveau et le Seigneur ressuscité reviendra dans la gloire pour chercher chacun de ceux qui lui auront été fidèles. C'est le temps de l'espérance où l'homme ne doit pas se décourager et se livrer à lui-même, mais se tourner vers le Christ, son seul salut à cause de la croix.

Nous accompagnons de nos prières tous ceux qui ne négligent aucun effort pour nous permettre de sortir de cette crise, participons, nous aussi, à cette lutte de toutes nos forces. Prions pour ceux qui sont morts éloignés de leur famille, de leurs amis. Prions pour ceux qui combattent dans leur corps ce terrible fléau. Prions pour ceux qui trouvent le confinement difficile à supporter.

Abbé Edouard Le Conte

 

 

Ô mon peuple, que t'ai-je fait ?
En quoi t'ai-je contristé ? Réponds-moi

Chœur :
Peuple égaré par l'amertume
Peuple au cœur fermé,
souviens-toi !
Le Maître t'a libéré.
Tant d'amour serait-il sans réponse,
tant d'amour d'un Dieu crucifié ?

1 - Moi, depuis l'aurore des mondes,
j'ai préparé ton aujourd'hui ;
toi, tu rejettes la vraie Vie
qui peut donner la joie sans ombre,
ô mon peuple, réponds-moi !

2 - Moi, j'ai brisé tes liens d'esclave,
J'ai fait sombrer tes ennemis ;
Toi, tu me livres à l'Ennemi,
tu me prépares une autre Pâque,
ô mon peuple, réponds-moi !

3 – Moi, j'ai pris part à ton exode,
Par la nuée je t'ai conduit ;
toi, tu m'enfermes dans ta nuit,
tu ne sais plus où va ma gloire,
ô mon peuple, réponds-moi !

4 – Moi, j'ai envoyé mes prophètes,
Ils ont crié dans ton exil ;
Toi, tu ne veux pas revenir,
tu deviens sourd quand je t'appelle,
ô mon peuple, réponds-moi !

5 - Moi, j'ai voulu, vivante Sève,
jeter l'espoir de fruits nouveaux ;
toi, tu te coupes de mes eaux
mais pour aller vers quelle sève ?
ô mon peuple, réponds-moi !

Chœur :
Vigne aux raisins d'amertume,
Vigne aux sarments desséchés,
Souviens-toi !
La Grappe fut vendangée ;
ce Fruit mûr serait-il sans partage,
ce Fruit mûr que Dieu a pressé ?

6 – Moi, j'ai porté le poids des chaînes,
j'ai courbé le dos sous les fouets ;
toi, tu me blesses en l'opprimé,
l'innocent tombé sous la haine,
ô mon frère, réponds-moi !

7 – Moi, j'ai porté sceptre et couronne
Et manteau royal empourpré ;
toi, tu rougis de confesser
le Fils de Dieu parmi les hommes,
ô mon frère, réponds-moi !

8 – Moi, j'ai marché vers le Calvaire
Où mes deux bras furent cloués ;
Toi, tu refuses la montée
Quand meurt en croix l'un de mes frères,
ô mon frère, réponds-moi !

9 – Moi, je revis depuis l'Aurore
Où le Vivant m'a réveillé ;
Toi, le témoin de ma clarté,
es-tu vivant parmi les hommes ?
ô mon frère, réponds-moi !

Chœur :
Frère sevré d'amertume,
frère au cœur desséché,
souviens-toi !
Ton frère t'a relevé,
Jésus-Christ, le Verbe et la Réponse,
Jésus-Christ, l'Amour révélé.

 

 

version en pdf pour l'impression ( 4 pages)

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