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Jour de Pâques
4ème semaine de confinement

Les paroissiens de la Vallouise, de l'Argentière et de Rame unis dans la prière

Chers amis,

« Après le sabbat » (Mt 28, 1) les femmes allèrent au tombeau. C'est ainsi qu'a commencé l'Evangile de cette Veillée sainte, avec le sabbat. C'est le jour du Triduum pascal que nous négligeons le plus, pris par la frémissante attente de passer de la croix du vendredi à l'alleluia du dimanche. Cette année, cependant, nous percevons plus que jamais le samedi saint, le jour du grand silence. Nous pouvons nous retrouver dans les sentiments des femmes en ce jour.

B16

Pape François

Comme nous, elles avaient dans les yeux le drame de la souffrance, d'une tragédie inattendue arrivée trop vite. Elles avaient vu la mort et avaient la mort dans leur cœur. À la souffrance s'ajoutait la peur : leur arriverait-il, à elles aussi, la même fin qu'au Maître ? Et puis les craintes pour l'avenir, tout à reconstruire. La mémoire blessée, l'espérance étouffée. Pour elles c'était l'heure la plus sombre, comme pour nous.

Mais dans cette situation les femmes ne se laissent pas paralyser. Elles ne cèdent pas aux forces obscures de la lamentation et du regret, elles ne se renferment pas dans le pessimisme, elles ne fuient pas la réalité. Le samedi elles font quelque chose de simple et d'extraordinaire : dans leurs maisons elles préparent les parfums pour le corps de Jésus. Elles ne renoncent pas à l'amour : dans l'obscurité du cœur, elles allument la miséricorde. La Vierge, le samedi, jour qui lui sera dédié, prie et espère.

 

Dans le défi de la souffrance, elle a confiance dans le Seigneur. Ces femmes, sans le savoir, préparaient dans l'obscurité de ce samedi « l'aube du premier jour de la semaine », le jour qui aurait changé l'histoire. Jésus, comme une semence dans la terre, allait faire germer dans le monde une vie nouvelle ; et les femmes, par la prière et l'amour, aidaient l'espérance à éclore. Combien de personnes, dans les jours tristes que nous vivons, ont fait et font comme ces femmes, en semant des germes d'espérance ! Avec de petits gestes d'attention, d'affection, de prière.

À l'aube, les femmes vont au sépulcre. Là l'ange leur dit : « Vous, soyez sans crainte. Il n'est pas ici, il est ressuscité » (vv.5-6). Devant une tombe, elles entendent des paroles de vie… Et ensuite elles rencontrent Jésus, l'auteur de l'espérance, qui confirme l'annonce et dit : « Soyez sans crainte » (v. 10). N'ayez pas peur, soyez sans crainte : voici l'annonce d'espérance. Elle est pour nous, aujourd'hui. Ce sont les paroles que Dieu nous répète dans la nuit que nous traversons.

Cette nuit nous conquerrons un droit fondamental, qui ne nous sera pas enlevé : le droit à l'espérance. C'est une espérance nouvelle, vivante, qui vient de Dieu. Ce n'est pas un simple optimisme, ce n'est pas une tape sur l'épaule ou un encouragement de circonstance. C'est un don du Ciel que nous ne pouvons pas nous procurer tout seuls. Tout ira bien, disons-nous avec ténacité en ces semaines, nous agrippant à la beauté de notre humanité et faisant monter du cœur des paroles d'encouragement. Mais, avec les jours qui passent et les peurs qui grandissent, même l'espérance la plus audacieuse peut s'évaporer. L'espérance de Jésus est autre. Elle introduit dans le cœur la certitude que Dieu sait tout tourner en bien, parce que, même de la tombe, il fait sortir la vie.

La tombe est le lieu d'où celui qui rentre ne sort pas. Mais Jésus est sorti pour nous, il est ressuscité pour nous, pour apporter la vie là où il y avait la mort, pour commencer une histoire nouvelle là où on avait mis une pierre dessus. Lui, qui a renversé le rocher à l'entrée de la tombe, peut déplacer les rochers qui scellent notre cœur. Par conséquent, ne cédons pas à la résignation, ne mettons pas une pierre sur l'espérance.

Nous pouvons et nous devons espérer, parce que Dieu est fidèle. Il ne nous a pas laissé seuls, il nous a visité : il est venu dans chacune de nos situations, dans la souffrance, dans l'angoisse, dans la mort. Sa lumière a illuminé l'obscurité du sépulcre : aujourd'hui il veut rejoindre les coins les plus obscures de la vie. Sœur, frère, même si dans ton cœur tu as enseveli l'espérance, ne te rends pas : Dieu est plus grand. L'obscurité et la mort n'ont pas le dernier mot. Confiance, avec Dieu rien n'est perdu.

Confiance : C'est une parole qui dans l'Evangile sort toujours de la bouche de Jésus. Une seule fois d'autres la prononcent, pour dire à une personne nécessiteuse : « Confiance ! lève-toi, [Jésus] t'appelle » (Mc 10, 49). C'est lui, le Ressuscité, qui nous relève nous qui sommes dans le besoin. Si tu es faible et fragile sur le chemin, si tu tombes, ne crains pas, Dieu te tend la main et te dit : "Confiance". Mais tu pourrais dire, comme don Abbondio : « La confiance, personne ne peut se la donner » ( I Promessi Sposi - Les fiancés, XXV). Tu ne peux pas te la donner, mais tu peux la recevoir, comme un don. Il suffit d'ouvrir ton cœur dans la prière, il suffit de soulever un peu cette pierre mise à l'entrée de ton cœur pour laisser entrer la lumière de Jésus. Il suffit de l'inviter : "Viens, Jésus, dans mes peurs et dis-moi aussi : Confiance".

Avec toi, Seigneur, nous serons éprouvés mais non ébranlés. Et, quelle que soit la tristesse qui habite en nous, nous sentirons devoir espérer, parce qu'avec toi la croix débouche sur la résurrection, parce que tu es avec nous dans l'obscurité de nos nuits : tu es certitude dans nos incertitudes, Parole dans nos silences, et rien ne pourra jamais nous voler l'amour que tu nourris pour nous.

Voilà l'annonce pascale, une annonce d'espérance. Elle contient une deuxième partie, l'envoi. « Allez annoncer à mes frères qu'ils doivent se rendre en Galilée » (Mt 28, 10), dit Jésus. « Il vous précède en Galilée » (v. 7), dit l'ange. Le Seigneur nous précède. Il est beau de savoir qu'il marche devant nous, qu'il a visité notre vie et notre mort pour nous précéder en Galilée, c'est-à-dire dans le lieu qui pour lui et pour ses disciples rappelait la vie quotidienne, la famille, le travail. Jésus désire que nous portions l'espérance là, dans la vie de chaque jour. Mais la Galilée, pour les disciples, c'était aussi le lieu des souvenirs, surtout du premier appel. Retourner en Galilée c'est se souvenir d'avoir été aimés et appelés par Dieu. Nous avons besoin de reprendre le chemin, nous rappelant que nous naissons et renaissons d'un appel gratuit d'amour. Cela est le point d'où repartir toujours, surtout dans les crises, dans les temps d'épreuve.

Mais il y a plus. La Galilée était la région la plus éloignée d'où ils se trouvaient, de Jérusalem. Et pas seulement géographiquement : la Galilée était le lieu le plus distant de la sacralité de la Ville sainte. C'était une région peuplée de gens divers qui pratiquaient des cultes variés : c'était la « Galilée des nations » (Mt 4, 15). Jésus envoie là, il demande de repartir de là. Qu'est-ce que cela nous dit ? Que l'annonce de l'espérance ne doit pas être confinée dans nos enceintes sacrées, mais doit être portée à tous. Parce que tous ont besoin d'être encouragés et, si nous ne le faisons pas nous, qui avons touché de la main « le Verbe de vie » (1 Jn 1, 1), qui le fera ?

Qu'il est beau d'être des chrétiens qui consolent, qui portent les poids des autres, qui encouragent : annonciateurs de vie en temps de mort ! En chaque Galilée, en chaque région de cette humanité à laquelle nous appartenons et qui nous appartient, parce que nous sommes tous frères et sœurs, portons le chant de la vie ! Faisons taire le cri de mort, ça suffit les guerres ! Que s'arrête la production et le commerce des armes, parce que c'est de pain et non de fusils dont nous avons besoin. Que cessent les avortements, qui tuent la vie innocente. Que s'ouvrent les cœurs de ceux qui ont, pour remplir les mains vides de ceux qui sont privés du nécessaire.

Les femmes, à la fin, « embrassèrent les pieds » de Jésus (Mt 28, 9), ces pieds qui pour venir à leur rencontre avaient fait un long chemin, jusqu'à entrer et sortir de la tombe. Elles embrassèrent les pieds qui avaient piétiné la mort et ouvert le chemin de l'espérance. Nous, pèlerins en recherche d'espérance, aujourd'hui nous nous serrons contre toi, Jésus Ressuscité. Nous tournons le dos à la mort et nous t'ouvrons nos cœurs, toi qui es la Vie.

Pape François
Pâques 2020

 

Nous accompagnons de nos prières tous ceux qui ne négligent aucun effort pour nous permettre de sortir de cette crise, participons, nous aussi, à cette lutte de toutes nos forces. Prions pour ceux qui sont morts éloignés de leur famille, de leurs amis. Prions pour ceux qui combattent dans leur corps ce terrible fléau. Prions pour ceux qui trouvent le confinement difficile à supporter.

Abbé Edouard Le Conte

 

 

O Filii et Filæ

Alléluia !

Ô Fils et Filles,
Le Roi des cieux, le Roi de gloire
A surgi de la mort aujourd'hui, alléluia !

Et le matin du premier jour après le Sabbat,
Jusqu'à la porte du monument,
S'approchèrent les disciples, alléluia !

Et Marie Madeleine
Et Marie mère de Jacques
Sont venues embaumer le Corps, alléluia !

Un ange, assis, vêtu de blanc,
Dit aux femmes :
« Le Seigneur est ressuscité. » alléluia !

Et Jean l'Apôtre,
Court plus vite que Pierre,
Et arrive le premier au tombeau. Alléluia !

Les disciples étant présents,
Jésus parut au milieu d'eux et leur dit :
« Que la paix soit au milieu de vous tous». Alléluia !

Dès que Didyme apprit
Que Jésus était ressuscité,
Il demeura presque dans le doute. Alléluia !

« Thomas, vois mon côté, lui dit Jésus,
Vois mes pieds, vois mes mains,
Et ne reste pas incrédule ». Alléluia !

Quand Thomas eut vu le côté du Christ,
Les pieds et ses mains,
Il s'écria : « Vous êtes mon Dieu ». Alléluia.

Heureux ceux qui, sans avoir vu,
Ont cru d'une ferme foi,
Ils posséderont la vie éternelle. Alléluia.

Célébrons cette très sainte solennité
Par des cantiques de louanges et d'allégresses !
Bénissons le Seigneur. Alléluia !

Rendons à Dieu avec le dévouement et la reconnaissance,
Qui lui sont dus, de très humbles actions de grâces,
Pour tous ses bienfaits. Alléluia

 

 

Regina Cæli

Reine du Ciel, réjouissez-vous, alléluia
car Celui que vous avez mérité de porter dans votre sein, alléluia
est ressuscité comme Il l'a dit, alléluia
Priez Dieu pour nous, alléluia.

V. Soyez dans la joie et l'allégresse, Vierge Marie, alléluia.
R. Parce que le Seigneur est vraiment ressuscité, alléluia.

Prions:

Dieu, qui, par la Résurrection de Votre Fils, notre Seigneur Jésus-Christ, avez bien voulu réjouir le monde, faites-nous parvenir, par la prière de la Vierge Marie, sa mère, aux joies de la vie éternelle. Par le Christ notre Seigneur. Amen.

 

 

Nous prions particulièrement pour 

  • Liliane, de l'Argentière, elle a toujours besoin de nos prières.
  • Anne-Marie Ferraris, femme du diacre de Briançon Pierre Ferraris,
    qui reçoit des soins intensifs en ce moment même pour lutter contre le coronavirus.

 

ND

Notre-Dame de Beassac

 

Avec ferveur, demandons à la Reine du Ciel de nous ouvrir le cœur de son Fils :

Ô Marie, tu brilles toujours sur notre chemin
comme un signe de salut et d'espoir.
Nous nous confions à toi, santé des malades,
qui auprès de la croix, a été associée à la douleur de Jésus.

En restant ferme dans la foi, toi, refuge des pécheurs,
tu sais de quoi nous avons besoin
et nous sommes sûrs que tu y pourvoiras pour que,
comme à Cana, la joie et la fête reviennent après cette épreuve.

Aide-nous, Vierge du Laus, à nous conformer à la volonté du Père
et à faire ce que nous dira Jésus,
qui a pris sur lui nos souffrances et s'est chargé de nos douleurs
pour nous conduire, à travers la croix, à la joie de la résurrection.
Amen

D'après une prière du pape François contre l'épidémie

Sous ta protection, nous trouvons refuge, Sainte Mère de Dieu.
Ne refuse pas la prière de tes enfants dans l'épreuve,
mais délivre-nous de tout danger.
Ô Vierge glorieuse et bénie.

 

 

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